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Pré-publication, Document de travail

La connaissance scientifique est-il le seul horizon rationnel acceptable pour la pensée humaine ?

Résumé : Certains penseurs entendent disqualifier toute recherche métaphysique et toute théologie au nom des découvertes scientifiques les plus récentes, que ce soit en astrophysique ou en biologie, par exemple. A partir des découvertes en sciences des années 1970, Jacques Monod, par exemple, va établir une conception de l'homme et de l'univers qui rejette toute hypothèse d'un Être transcendant qui lui donne d'exister. On trouve, chez Monod, à la fin de sa Leçon inaugurale au Collège de France, l'exposition selon laquelle il montre qu'il a bien conscience du caractère provoquant et austère de sa thèse exigeant une véritable « ascèse objective. » : « Que l'homme n'ait aucune importance dans l'univers, qu'il n'y pèse d'aucun poids, et que si même il a émergé, c'est par hasard, ce résultat capital de la science est aussi le plus inacceptable. » 1 C'est à la suite de cet énoncé que Monod énonce clairement le refus de sa part de toute transcendance, qui aurait eu comme contrepartie d'accorder à l'homme une place plus noble mais dont il faut faire son deuil, en raison de ce « résultat capital de la science » que nous venons d'énoncer. « Le refus [de ce constat], le recours à la transcendance, ou à une quelconque entéléchie universelle, dit-il, n'exige pas une telle ascèse objective et permet d'assigner à notre humaine condition une origine supposée plus noble et plus signifiante. » 2 Il passe alors au matérialisme au sens philosophique du terme, assez bien défini par Luc Ferry dans La sagesse des Modernes, en ces termes : « Au sens philosophique, on doit entendre par matérialisme la position qui consiste à postuler que la vie de l'esprit est tout à la fois produite et déterminée par la matière, en quelque acception qu'on la prenne. Par rapport à la matière, donc il n'est pas d'autonomie véritable, absolue, du monde de l'esprit ou, si l'on veut, pas de transcendance réelle, mais seulement une illusion d'autonomie. Constance du discours matérialiste : la critique de la religion, bien sûr, mais aussi de toutes philosophies qui postulent une transcendance réelle de la vérité des idées ou des valeurs morales et culturelles. » 3 Ce primat de la connaissance scientifique, seul horizon acceptable pour la pensée humaine semble pouvoir être rapproché de la loi des trois états d'Auguste Comte qui, finalement, au terme de la pensée magique ou religieuse puis métaphysique fait état de la dernière étape à laquelle doit se ranger l'humanité : l'étape scientifique qui exclut les strates antérieures comme autant de béquilles devenues inutiles de la 1
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Contributeur : Roselyne Le Gall <>
Soumis le : mardi 3 décembre 2019 - 12:35:02
Dernière modification le : mardi 22 septembre 2020 - 03:48:29
Archivage à long terme le : : mercredi 4 mars 2020 - 19:39:50

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La connaissance scientifique e...
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Roselyne Le Gall. La connaissance scientifique est-il le seul horizon rationnel acceptable pour la pensée humaine ?. 2019. ⟨hal-02390895⟩

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